
Cosplay, figurines, jeux de plateau, sabres et armures s'y croisent sans hiérarchie — et c'est précisément ce mélange décomplexé qui fait mouche auprès des fans de culture japonaise.
Le terrain de jeu
Oubliez la curation muséale: la RGC empile les univers avec une logique assumée de « on prend tout, on trie ensuite ». Les figurines Transformers trônent au milieu des stands comme un rappel que le jouet haut de gamme a toute sa place dans une conv' généraliste. Les jeux de plateau s'installent en parallèle, preuve que le jeu physique tient encore la route face aux salons 100% numérique. Et les sabres — répliques ou fausses lames — installent une ambiance qui rappelle que la culture guerrière japonaise a encore de beaux jours devant elle. Le défilé de cosplay structure le week-end, mais le reste du temps, on circule, on regarde, on compare les pièces.
La force du format, c'est justement l'absence de posture. Pas de discours sur « l'expérience immersive », pas de tête d'affiche tape-à-l'œil, pas de pass VIP à 80 euros. On empile les licences — du shōnen à la fantasy pure — et on laisse les visiteurs faire leur marché. Le mot d'ordre affiché, la fantasy, tient lieu de ligne éditoriale, mais l'ADN japonais transpire à chaque stand: goodies, artbooks, figurines import, textiles. Pour une convention de taille moyenne en région, c'est un modèle de viabilité: on ne cherche pas à singer les gros salons, on fait son propre mix.
Le calendrier parallèle
Pendant que Roanne fait le plein, un autre rendez-vous se prépare plus au nord: le salon Rétro Toys revient à Béville-le-Comte (Eure-et-Loir) le 4 octobre 2026, porté par l'association Retro Brothers. Entrée gratuite, Halle des Sports, et au menu: jouets vintage, retrogaming, figurines, produits dérivés cinéma et SF, mangas, anime et Pokémon. La formule « nostalgie 70-2000 » a déjà tourné sur seize salons en quatre ans — preuve que la demande locale existe. Les collectionneurs peuvent s'inscrire comme exposants à 10 € le mètre linéaire, ce qui ouvre la porte aux particuliers qui veulent liquider une étagère ou tester un stand à coût maîtrisé. Les profils s'y croisent, du chineur nostalgique des années 70-2000 au parent qui cherche un premier manga pour son gamin.
Ce qu'il faut en retenir
Deux signaux à capter pour les lecteurs de Mangalisa. D'abord, les conventions régionales de taille moyenne restent un bon plan: moins de monde, plus de stock visible, et souvent des prix plus sages qu'en salon parisien. La RGC le prouve ce week-end, Rétro Toys le confirmera début octobre. Ensuite, la cohabitation cosplay / figurines / jeux fonctionne quand personne ne joue les gardiens de temple — un modèle à suivre plutôt qu'à théoriser. L'association Retro Brothers a déjà une antenne normande qui organise deux événements en Seine-Maritime sur la fin d'année 2026: de quoi remplir l'automne otaku sans traverser la France.